Les cliniques spécialisées dans les soins de court séjour assurent des prises en charge en médecine, chirurgie, obstétrique (MCO), voire en odontologie ou psychiatrie. Les activités de court séjour se distinguent des activités de moyen séjour - soins de suite et de réadaptation (SSR) ou des post-cures (PSY) - effectuées dans le cadre d’un traitement ou d’une surveillance médicale. Ces activités concernent des malades requérant des soins continus, dans un but de réinsertion. Les établissements du secteur privé commercial représentent un peu moins du quart de l’ensemble des lits et places référencés en MCO. Si le nombre de cliniques privées commerciales MCO demeure élevé, il ne cesse de diminuer au gré des restructurations et regroupements orchestrés dans le cadre des schémas régionaux de santé successifs et à l’initiative des acteurs du secteur. La France comptait ainsi 478 cliniques commerciales en 2019, contre plus de 560 structures en 2010. Deux grands acteurs dominent le marché : Elsan et Ramsay Santé, dont le champ d’action intègre aussi des activités de moyen séjour (SSR et/ou PSY). Des groupes de taille intermédiaire comme Vivalto Santé, Almaviva Santé ou GBNA ainsi que des structures indépendantes complètent le paysage concurrentiel.

Les cliniques commerciales représentent 1/4 des lits et places en MCO
Plus de 235 800 lits et places étaient proposés dans les établissements de court séjour français début 2020. Parmi ces structures, le secteur public est majoritaire et représente plus des deux tiers des capacités d’accueil de court séjour, loin devant le secteur privé commercial (24,8% des lits et places en 2019) et le secteur privé non lucratif (9,0%). Cette répartition de l’offre de soins selon les statuts varie sensiblement d’une région à l’autre. Les cliniques privées sont notamment très présentes dans les régions densément peuplées comme l’Île-de-France et la région PACA. Les cliniques privées à but lucratif pèsent par ailleurs bien plus lourd sur le segment de la chirurgie (47,7% des capacités d’accueil en MCO, tous statuts confondus, fin 2019).
Les rapprochements de cliniques ont favorisé la concentration
Le parc de cliniques commerciales de court séjour en activité a reculé de plus de 80 unités en 9 ans pour tomber à 478 structures en 2019. Cette érosion s’explique en partie par les fermetures de certains établissements rencontrant des difficultés financières et, surtout, par la multiplication des rapprochements. Confrontés à des baisses tarifaires et à la concurrence des structures d’autres statuts, de nombreux gestionnaires ont en effet restructuré leur parc et fusionné des établissements. Ces groupes de cliniques sont en mesure de mobiliser un « effet taille » via une mutualisation de leurs ressources (équipes médicales, achats, etc.). Cela passe également par le partage de bonnes pratiques, un développement d’une politique managériale efficace ou encore un rayonnement externe accru (rééquilibrage des rapports de force avec les autorités de tutelle, les patients, les médecins, etc.). Dans ce contexte, le secteur s’est concentré : les deux premiers gestionnaires de cliniques MCO génèrent aujourd’hui près de la moitié du chiffre d’affaires cumulé d’un échantillon d’entreprises réalisé par Xerfi.
Des séjours qui se réduisent avec l’essor de l’ambulatoire
La capacité d’accueil des cliniques commerciales de court séjour en hospitalisation partielle a progressé de 20,5% entre 2010 et 2019 tandis que le nombre de lits (hospitalisation complète) a reculé de 19,1% sur la période. Les gestionnaires ont en effet largement investi dans la création de places en hospitalisation partielle pour accélérer leur virage ambulatoire. Cette dynamique a été encouragée par les pouvoirs publics qui souhaitent réduire les durées d’hospitalisation. Conséquence de l’augmentation du nombre d’actes réalisés en ambulatoire, la durée de séjour en MCO s’est repliée sur moyenne période et s’est établie à 4,2 jours en moyenne pour les cliniques commerciales fin 2019.















