L’explosion des prix de l’énergie dope le chiffre d’affaires en 2022
Les revenus de la filière de l’énergie progresseront de 65% cette année. Déjà à haut niveau en début d’exercice, les cours sur le marché spot ont encore augmenté depuis le début de la guerre en Ukraine. Ceux de l’électricité ont même atteint un nouveau sommet en juillet avec la découverte de problèmes de corrosion sur plusieurs réacteurs nucléaires et la baisse des livraisons de gaz russe (qui laisse planer des problèmes d’approvisionnement inédit pour l’hiver). Si les TRV aux particuliers n’ont pas progressé (pour le gaz) ou peu (+4% pour l’électricité), la facture des industriels s’est déjà fortement alourdie. Ces clients ont en réaction restreint leur demande, au détriment de la consommation d’énergie. Cette dernière sera aussi tirée vers le bas par un climat doux (et, in fine, des besoins en chauffage réduits au T1) et par le plan de sobriété énergétique en cours de préparation par le gouvernement.
Recul des revenus en vue pour 2023, dans un contexte de normalisation des cours
Le cycle de hausse des cours de l’énergie prendra fin en 2023 sans que les prix sur le marché spot retrouvent pour autant leur niveau habituel. En conséquence, le chiffre d’affaires de la filière de l’énergie diminuera de 30% lors du prochain exercice. Cette contraction des tarifs de gros résultera du repli de la demande provoquée par les importants plans d’économie d’énergie mis en place dans les principales économies européennes et par le ralentissement de la croissance mondiale. Dans le même temps, la poursuite de la guerre en Ukraine pèsera sur les livraisons de gaz, que les importations de GNL ne pourront redresser que sur le long terme (la construction de terminaux méthaniers prenant plusieurs trimestres). Quant à la production d’électricité, elle restera aussi mal orientée, des maintenances et réparations pénalisant encore les volumes d’énergie nucléaire générés.















