Un marché en forte croissance
Le marché français de l’enseignement supérieur privé est en pleine forme. Sa taille a ainsi plus que doublé en dix ans pour dépasser les cinq milliards d’euros en 2021 (+10%). Et la croissance du marché persistera d’ici 2025. Cette santé insolente s’explique entre autres par la hausse de la population étudiante, le niveau toujours élevé du recrutement des cadres, l’attractivité de l’enseignement supérieur privé auprès des jeunes, une réglementation favorable ou encore le dynamisme des acteurs. Avec l’aide du private equity, les groupes privés font en effet preuve d’un véritable activisme : créations d’écoles, accélération dans le digital learning et l’alternance, acquisitions, alliances… Dans un contexte, de concurrence accrue, singulariser ses offres devient dès lors un impératif. Les entreprises privées d’enseignement supérieur vont toutefois se heurter à la fin des subventions exceptionnelles liées à la crise sanitaire accordées par l’Etat aux entreprises en faveur de l’alternance. Un moteur de croissance qui s’est éteint en juin. Les opérateurs vont aussi devoir composer avec le retour de l’inflation et le contexte d’incertitudes économiques, à l’instar de nombreux acteurs dans divers secteurs.
Des stratégies de croissance articulées autour de deux thématiques
Outre le développement de nouvelles expertises sectorielles et l’expansion géographique, les stratégies de croissance des acteurs s’articulent autour de deux grandes thématiques. La première est le développement et le basculement dans le digital learning. Indispensable pour les écoles, le e-learning doit néanmoins être bien dosé avec le présentiel pour maintenir une offre équilibrée, cohérente et fédératrice. Le déploiement de cursus véritablement hybrides est la seconde grande thématique des acteurs de l’enseignement privé supérieur. Parallèlement au mix e-learning/présentiel, l’hybridation des concepts touche également les compétences techniques et les soft skills afin de former des salariés multitâches, adaptés aux besoins actuels et futur du marché du travail. Malgré des axes de spécialisation, l’offre des opérateurs est souvent interchangeable. L’environnement concurrentiel se caractérise en outre par la présence de nombreux types d’acteurs : universités, écoles de commerce consulaires, écoles d’ingénieur, IUT, IEP, IAE… Face à cette intense compétition entre les groupes privés leaders, ces derniers vont devoir actionner trois grands leviers pour consolider leurs positions ces prochains mois. Renforcer leur capacité de différenciation, passer à la vitesse supérieure en matière de communication et limiter la hausse de leurs frais d’inscription.
Les leaders du marché vont le rester
L’analyse des stratégies de croissance et du jeu concurrentiel récent montre que la domination des grands leaders multispécialistes va perdurer en raison de leurs multiples atouts (puissance financières, largeur des gammes, notoriété, réseaux d’anciens, relations avec les entreprises, degré de développement digital…). Et il semble peu probable que de nouveaux acteurs traditionnels viennent perturber les solides positions des majors en raison des fortes barrières à l’entrée. Les fonds d’investissement conserveront eux leur mainmise sur le marché privé. La moitié des leaders présents en France sont en effet entre les mains des fonds. Les acteurs du private equity devraient encore rester au centre du marché privé à court et moyen terme avec de très vraisemblables fusions-acquisitions ces prochains mois.














