Les certifications environnementales se présentent comme des outils incontournables des stratégies de transition écologique. Mais si l’intérêt des entreprises pour des pratiques plus respectueuses de l’environnement est réel, peu d’entre elles ont en réalité sauté le pas de la labélisation. Sur un marché où l’évangélisation est cruciale, les certificateurs doivent relever plusieurs défis : pressions sur les budgets des entreprises, manque de lisibilité de l’offre, déficit de crédibilité…
Face à la montée des préoccupations environnementales des consommateurs et des investisseurs, la responsabilité sociale et environnementale des entreprises (RSE) est de plus en plus reconnue comme une composante majeure de la stratégie. Pour se démarquer de la concurrence et pour valoriser leurs efforts, certaines entreprises choisissent alors de labelliser leurs démarches. En France, plusieurs certifications « développement durable » sont disponibles pour les entreprises, dont trois sont particulièrement distinguées : le label « Engagé RSE » décerné par l'AFNOR, le label « Lucie » (délivré par Bureau Veritas, Baker Tilly, Strego et RSEVAL) et le label B.Corp proposé par B Lab France. Les certificateurs devront toutefois lever plusieurs freins pour transformer l’essai sur le marché de la certification environnementale. Les budgets alloués par les entreprises restent contenus en raison du flou autour de ces questions. La majorité des sociétés françaises consente en effet pas ou peu de ressources pour déployer leur politique RSE. Et le ralentissement économique associé à l’inflation n’est pas de nature à favoriser ce type d’investissements.
La faible lisibilité de l’offre nuit à sa démocratisation
La complexité de l'offre rend la démocratisation des certifications difficile. Les entreprises peinent à naviguer dans la « jungle » des labels environnementaux tant le marché a été abordé par des entreprises de tous horizons tels que les leaders de la certification, comme l’AFNOR ou Bureau Veritas, les entreprises indépendantes, à l’image de B.Corp, mais aussi des acteurs publics, à l’image de l'ADEME.
De plus, les labels sont légion et ont des finalités différentes : labels généralistes (qui couvrent l’ensemble des problématiques), labels spécifiques (centrés sur l’égalité professionnelle, la diversité ou encore le bien-être au travail), labels sectoriels (ISR dans la finance par exemple). Cette faible structuration de l’offre incite certains organismes certificateurs à se positionner dans le conseil pour proposer à leurs clients un accompagnement complet, allant de la définition d’une stratégie de durabilité jusqu’à son déploiement opérationnel. C’est déjà le cas d’Ecocert qui a rejoint le top 10 du conseil en RSE à la faveur des rachats du cabinet parisien Des Enjeux et Des Hommes en 2020 puis de Transitions en juillet 2021.
Le risque du greenwashing
Malgré le nombre élevé de labels proposé aux entreprises, la certification environnementale souffre d'un déficit d'image et même, dans certains cas, de crédibilité. C'est notamment le cas du label agricole « Haute Valeur Environnementale » (HVE), accusé de « greenwashing » et de « tromperie du consommateur » par sept associations de défense des consommateurs, de défense de l’environnement et de promotion de l’agriculture biologique. Malgré le durcissement en 2022 des critères permettant d’accéder à cette certification, ces associations jugent le référentiel trop peu contraignant pour les exploitations agricoles. Des accusations qui épargnent, pour l’heure, les autres principales certifications environnementales (certifications HQE, EMAS, ISO 14001, etc.) mais qui montrent les difficultés rencontrées par les organismes certificateurs pour s’imposer comme tiers de confiance sur ce marché.














