Les projets de reconversion s’accélèrent et la réhabilitation des fiches industrielles devient un enjeu essentiel en matière d’attractivité pour les collectivités territoriales. Soutenue par les pouvoirs publics, des aides au financement et des obligations réglementaires, la requalification de friches est l’une des voies privilégiées pour lutter contre l'artificialisation des sols.
Au sein des politiques urbaines, apporter des réponses à la pression foncière et aux injonctions environnementales est un exercice délicat. Dans ce contexte, le recyclage foncier s’impose comme une solution. La reconversion de friches industrielles présente en effet de nombreux atouts et permet de profiter de nouveaux espaces souvent situés au cœur de zones urbaines et de développer de nouveaux usages (vie socio-culturelle, espaces récréatifs et de loisirs, agriculture urbaine, etc.), etc. Il s’agit d’un enjeu majeur pour l’aménagement durable des territoires, par ailleurs encouragé par les pouvoirs publics. En effet, la réglementation contre l’artificialisation des sols se durci. La loi Climat et résilience de 2021 a concrètement établi l’objectif de division par deux du rythme d’artificialisation et de consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers d’ici à 2030.
Pour pallier les coûts supplémentaires induits et rendre attractifs les programmes basés sur la réhabilitation de foncier dégradé, des dispositifs de soutiens financiers massifs ont été mis en place par les pouvoirs publiques. Le plan de relance intègre un fonds « friches » doté d’une enveloppe de 750 M€ sur 2021-2022 tandis qu’un appel à manifestation d’intérêt baptisé « Démonstrateurs de la ville durable » a également été abondé de 305 M€ dans le cadre du 4e programme d’investissement d’avenir pour soutenir des projets innovants.
Les avantages de la renaturation des zones réhabilitées
Les projets de reconversion de friches industrielles, bien qu'ils puissent entraîner des déficits économiques importants dans un premier temps, offrent d'importants bénéfices nets socio-économiques pour les territoires. C'est ce que démontre l'outil Bénéfriches, développé par le groupe d'ingénierie Arcadis et les chercheurs d'Efficacity pour le compte de l'Ademe. Pour évaluer l'impact économique de l'aménagement des friches, il est essentiel d'adopter une approche à l'échelle de l'agglomération ou de la métropole. Quatre sites pilotes ont ainsi expérimenté l'approche coûts-bénéfices développée dans l'outil Bénéfriches, à savoir la friche Wendel dans l'agglomération de Forbach, la friche Kodak de Sevran, la bordure Est des marais de Brière et l'ancien site Alcatel de Lormont au sein de la métropole bordelaise.
L’une des économies les plus importantes réalisées pour une métropole concerne les voieries et les réseaux divers grâce à la limitation de l’étalement urbain permis par la réhabilitation d’une friche industrielle. Outre les économies pécuniaires, les projets de reconversion contribuent à améliorer l’attractivité d’un territoire grâce à la renaturation des zones réhabilitées (créations d’îlots de fraicheur, bénéfices « santé », effets éducatifs associés à la renaturation de la ville, etc.) et à l’appréciation du marché immobilier.
La réhabilitation de friches au secours du développement des énergies renouvelables
Globalement, les différents projets pilotes ont confirmé les bénéfices nets globaux de la réhabilitation des sites pour la collectivité, alors même que l’évaluation ne tenait pas compte des impacts en termes de création d’emplois, faute de méthode encore suffisamment aboutie sur la question. La reconversion de friches industrielles offrent également une opportunité significative de développer de nouvelles capacités de production d'énergies renouvelables tout en limitant l'artificialisation des sols. Cette opportunité est renforcée par la récente mise en place d'un guichet ouvert pour le déploiement d'installations photovoltaïques de moins de 500 kW sur des terrains dégradés, initié par le Ministère de la Transition écologique. Ce guichet a déjà identifié plus de 850 sites potentiels. Rendus plus aisément rentables grâce à la revente d’énergie, les projets de reconversion pour l’installation de centrales photovoltaïques le sont toutefois également grâce à des exigences moindres en matière de travaux de dépollution en comparaison avec ceux dédiés à la construction de logements.














