Les Asiatiques en pole position
Parmi les grands constructeurs automobiles mondiaux, les plus offensifs sur l’hydrogène sont indéniablement les Asiatiques (Japonais, Coréens et Chinois). Toyota, Hyundai, Honda et SAIC sont non seulement les leaders actuels en termes de ventes de voitures particulières (VP) à hydrogène, mais aussi et surtout les acteurs les plus ambitieux à l’horizon 2030. Il faut dire que ces acteurs bénéficient d’un soutien actif de leur gouvernement. La Chine vise ainsi un million d’automobiles à PAC d’ici 2030 et le Japon 800 000. De son côté, la Corée du Sud a dévoilé en 2019 un plan visant un parc de 80 000 véhicules à hydrogène dès 2023 (environ 3 000 début 2020) et une production de 100 000 véhicules à PAC dès 2025 (dont 40% pour l’export). Ces acteurs devraient donc conforter leur leadership dans l’automobile à hydrogène au cours de la décennie à venir. Leadership qui dépasse d’ailleurs le seul segment des voitures particulières. Hyundai a par exemple remporté la plus importante commande de poids lourds à PAC d’Europe (1 600 camions à livrer à la Suisse entre 2020 et 2025).

Les Occidentaux restent prudents sur la voiture à PAC et visent les véhicules plus lourds
À l’inverse, la plupart des constructeurs occidentaux se montrent beaucoup plus réservés quant au potentiel de l’hydrogène pour les voitures particulières. Engagés dans de lourds investissements pour réussir la course à la voiture électrique, ils font très largement l’impasse sur l’hydrogène, vu, à l’horizon 2030, au mieux comme une technologie réservée aux voitures haut de gamme pour grands rouleurs, au pire comme sans avenir de massification face aux progrès des batteries. BMW, spécialiste du haut de gamme, est actuellement le seul à prévoir un fort développement dans les voitures à PAC, à partir de 2025. En revanche, les constructeurs occidentaux sont très actifs dans le développement de l’hydrogène pour les véhicules lourds, en particulier les bus et les camions. C’est le cas aussi bien des filiales dédiées de généralistes, comme Volkswagen, Daimler et BMW, mais aussi de spécialistes, comme Iveco. Les constructeurs français Renault et PSA, qui n’ont pas de filiales poids lourds, se penchent sur l’hydrogène pour les VUL, un segment sur lequel ils ont un véritable leadership en Europe.















