Le marché des bilans de santé se structure à vitesse grand V sous l’effet d’une demande croissante en prévention mais aussi des innovations d’acteurs publics et privés. Alors que l'Assurance-maladie renforce son rôle avec des bilans de prévention remboursés, des start-ups disruptives démocratisent l’accès aux check-up santé. Dans ce paysage, les entreprises et mutuelles jouent un rôle central, cherchant à conjuguer bien-être des assurés et maîtrise des coûts. Quels modèles se démarquent dans cette compétition et quelles stratégies garantissent leur pérennité ?
La prévention est aujourd’hui un enjeu de santé publique majeur. Les autorités multiplient les campagnes de prévention et dépistage pour identifier le plus tôt possible les pathologies. Ils renforcent aussi les dispositifs de bilans de santé remboursés, comme en témoigne la mise en place des Bilan Prévention au printemps 2024. Du côté des entreprises, proposer une politique de prévention efficace à ses salariés est un levier pour agir sur l’absentéisme et la productivité. Dans ces conditions, le bilan de santé, aussi appelé check-up médical ou santé, dispose d’atouts sérieux pour devenir un outil indispensable aux politiques de prévention. D’autant que les Français sont demandeurs de solutions pour suivre et améliorer leur état de santé.
Plusieurs modèles de développement à l’œuvre dans le privé
Les entreprises spécialisées sur le marché des bilans de santé s’appuient sur des modèles de développement différents. D’un côté, des structures de soins, telles que des cliniques ou des centres de médecine préventive proposent des bilans dans leurs locaux. Elles se positionnent avant tout sur des offres haut de gamme et s’adressent principalement à des particuliers aisés.
De l’autre, des plateformes à distance commercialisent des bilans de santé en partie ou totalement réalisés à distance et qui s’appuient sur plusieurs établissements partenaires pour réaliser leurs examens. Certaines sociétés ont également développé un modèle phydigital, associant une plateforme à une structure de soins dédiée, détenue en propre ou partenaire. C’est notamment le cas de Zoï, une start-up qui dispose d’une application dédiée et qui a ouvert fin 2023 son établissement.
Des plateformes en ligne veulent démocratiser les bilans de santé
Face aux offres premium historiques du marché des bilans de santé, de nouveaux acteurs cherchent à démocratiser les check-up. C’est particulièrement le cas des nouvelles plateformes spécialisées portées par des start-up et biotech comme Numa Health. Cette dernière commercialise ainsi des bilans de santé à moins de 10 euros par mois, lesquels sont des questionnaires en ligne assortis de bilans biologiques réalisés dans les laboratoires du réseau Inovie mais aussi d’un suivi et de recommandations transmis via une application dédiée. Des plateformes visant à améliorer la qualité de vie et les conditions de travail (QVCT) ont aussi émergé. Elles proposent leurs offres dans le cadre de contrats-cadres signés avec des entreprises et sont pour certaines portées par des acteurs de l’assurance-santé et des mutuelles. On peut notamment citer VerbaTeam, créée par AXA, ou encore Flex, à l’initiative de La Mutuelle Générale.
L’Assurance-maladie accélère sur la prévention santé et concurrence les offres entrée de gamme
Une offre publique et intégralement remboursée existe déjà en France via les examens de prévention en santé (EPS) réalisées dans les 85 centres d’examen de santé (CES). Mais les pouvoirs publics souhaitent accélérer dans la prévention pour mieux détecter les maladies chroniques. C’est le sens de la création du nouveau dispositif Mon Bilan Prévention, accessible depuis le printemps 2024. Ces bilans de santé, intégralement remboursés, viennent directement en concurrence des plateformes positionnées sur l’entrée de gamme. Ces dernières doivent désormais se démarquer pour convaincre les entreprises et autres intermédiaires (mutuelles, assurances, etc.) de déployer leur offre à leurs salariés et assurés, au lieu de les diriger vers les bilans de santé de l’Assurance-maladie. Elles misent sur un accompagnement plus global des entreprises avec la mise en place et le suivi d’indicateurs ou l’organisation d’ateliers collectifs de sensibilisation.














