Le digital promettait de révolutionner les pratiques de recrutement. Qu’en est-il concrètement aujourd’hui ?
Comme dans nombre d’autres secteurs d’activité, le digital a révolutionné les marchés du recrutement. Outre les nouveaux entrants digitaux qui se sont positionnés sur le marché (réseaux professionnels, jobboards, éditeurs de logiciels RH, etc.), le digital a transformé le métier des recruteurs à de multiples niveaux : sourcing plus précis grâce aux algorithmes et à l’intelligence artificielle, applications mobiles, intégration de la vidéo (entretien et CV), géolocalisation des offres d’emploi, conseil en brand content et en community management pour développer la marque employeur, etc. En marge de l’enrichissement des services proposés aux candidats et aux entreprises, le digital permet également aux prestataires de recrutement d’optimiser le back-office notamment via un sourcing plus rapide et plus précis, des systèmes d’information plus efficace et un CRM plus performant.
Le virage digital a-t-il été pris par l’ensemble des acteurs du recrutement ?
Les prestataires RH ont pour la quasi-totalité d’entre eux amorcé le virage numérique. Qu’il s’agisse des entreprises de travail temporaire, des cabinets de conseil RH, des cabinets de recrutement ou encore des spécialistes du management de transition, toutes les catégories multiplient les initiatives pour enrichir leur offre grâce au numérique. La digitalisation des marchés du recrutement ne se limite pas pour autant aux seuls prestataires de recrutement stricto sensu. Pour accélérer leur transformation numérique, ils s’appuient en effet sur un ensemble de start-up et partenaires digitaux.
Quel rôle les géants de l’intérim entendent-ils jouer dans le 100% digital ?
Si peu d’acteurs traditionnels de l’intérim sont positionnés sur le tout numérique, la plupart tente de déployer des solutions technologiques pour multiplier les canaux d’interaction avec les clients et intérimaires mais aussi pour améliorer le fonctionnement des agences. Les entreprises de travail temporaire cherchent notamment à permettre aux collaborateurs de consacrer plus de temps aux tâches à forte valeur ajoutée (comme la sélection des candidats ou le développement des relations avec les clients) mais aussi de mieux réaliser ces dernières. En réalité, les acteurs traditionnels du travail temporaire ne comptent pas laisser les spécialistes s’imposer dans l’intérim 100% digital. C’est surtout vrai pour les majors du secteur. En 2020, The Adecco Group (avec Adecco Quickmatch) et Randstad (avec Randstad Direct Workforce) avaient déjà tous deux lancé des offres en concurrence directe avec les solutions des acteurs du « tout numérique ». Ils espèrent ainsi compléter leur offre existante en répondant aux besoins spécifiques de nouvelles catégories de clients et candidats.














