La e-santé française continue d'attirer les investisseurs, avec plus d'un milliard d'euros levés par des start-up spécialisées en 2022. Au total, près de trois milliards d'euros ont été levés par des centaines de jeunes pousses de la e-santé en France entre janvier 2016 et décembre 2022. Et Les pouvoirs publics jouent également un rôle majeur en apportant un soutien décisif à la filière.
Les levées de fonds se concentrent principalement sur cinq grands domaines de la e-santé :
- l’IA appliquée au diagnostic, à l’imagerie, à la chirurgie et à la recherche médicale : eCential Robotics, Quantum Surgical, Robocath, Owkin, Stilla Technologies, etc. ;
- les cabinets virtuels et services de téléconsultation / télésoin : Doctolib, Medadom, Qare, etc. ;
- les applicatifs d’accompagnement médical dont télésurveillance médicale, thérapies digitales, outils de prévention et d’accompagnement : DentalMonitoring, Diabeloop, Voluntis, etc. ;
- les solutions santé / bien-être élaborées autour de l’IoT : objets et vêtements connectés et monitoring, IoT dédié à la recherche médicale, etc. : Visiomed, Bioserenity, Withings, etc. ;
- les outils de coordination et d’optimisation des parcours de soins dont les carnets de santé digitaux, outils de reporting ,etc. : Padoa, Lifen, Hoppen, etc.
Les pouvoirs publics à la manœuvre
Ce bilan flatteur des levées de fonds par les start up de la e-santé est d’autant plus notable qu’il s’inscrit dans un contexte de dégradation du contexte financier et géopolitique international. Les cordons de la bourse se sont en effet resserrés et les investisseurs sont désormais plus prudents sur les projets tech. Pour autant, la filière e-santé française a su capitaliser sur de puissants moteurs pour se montrer séduisante.
La puissance publique travaille en effet à structurer la filière. À l’horizon 2025, les start-up de la e-santé bénéficieront des nouveaux efforts publics impulsés par la stratégie d’accélération « Santé numérique » lancée en 2021. Ce plan comprend plusieurs volets : simulation de la demande, accompagnement des projets innovants et facilitation de leur accès au marché. Une enveloppe de près de 370 millions d’euros sera ainsi consacrée au développement de projets et à leur validation clinique.
Pour mutualiser des moyens, la filière s’organise. C’est le sens de la multiplication des créations de consortiums et d’accélérateurs de start-up dans l’Hexagone. Citons entre autres Future4care, Agoria Santé ou PariSanté Campus. Les pouvoirs publics jouent là encore un rôle moteur autour de Bpifrance qui pilote depuis 2020 un plan d’action visant à accélérer la consolidation du marché français de la santé numérique en association avec des partenaires industriels et institutionnels. De nombreuses initiatives parallèles sont directement portées par de solides sponsors privés tels que La Poste, Orange et bien d’autres.














