Avis d'expert22 juin 2021

Marché de la sécurité privée : vers une reprise graduelle de l'activité - 2021

Alexandre Boulègue

Alexandre Boulègue

Directeur des Opérations

Marché de la sécurité privée : vers une reprise graduelle de l'activité

Comment peut évoluer le marché de la sécurité privée en France ?

Affecté par la pandémie (fermeture de nombreux commerces, trafic aérien réduit à la portion congrue, salons inexistants, interdiction des grands rassemblements, recul des cambriolages…), le marché français de la sécurité a cédé près de 2% en 2020 après avoir progressé de 3 ,5% par an ces dix dernières années. Et la reprise sera graduelle malgré des besoins en hausse de la part des entreprises, du secteur public et des particuliers. L’exercice 2021 sera encore très perturbé par les nombreuses restrictions sanitaires du premier semestre. D’ici 2023, le chiffre d’affaires des entreprises de sécurité au sens large augmentera de 3,7% par an en moyenne pour atteindre 10,7 milliards d’euros. Dans le détail, le segment de la sécurité privée, prépondérant (74% du marché en 2020) mais plus mature et plus concurrentiel, augmentera de seulement 2,7% par an sur la période à 7,7 milliards d’euros quand celui des systèmes de sécurité gagnera lui plus de 6% par an pour s’établir à 3 milliards d’euros, selon nos prévisions. La télésurveillance et les systèmes de sécurité seront en effet dynamiques, portés par la demande des particuliers et des petits professionnels encore peu équipés. Par ailleurs, la baisse des prix et les progrès technologiques contribueront à la démocratisation de ce segment. Dans ces conditions, le poids du segment de la sécurité privée continuera de décroître au profit des systèmes de sécurité. Soulignons également que la loi Sécurité globale favorisera l’activité des acteurs privés de la sécurité en leur donnant davantage de latitude et de liberté d’action. Celle-ci leur garantit de fait un continuum d’activité avec les forces publiques. La levée progressive des restrictions à compter de cet été concernant les grands événements sportifs, culturels ou encore professionnels sera également une véritable bouffée d’oxygène pour les opérateurs.

Où en est la structuration du secteur ?

Globalement, le secteur compte un peu moins de 6 000 établissements employant plus de 20 000 salariés. Si Securitas s’affirme comme le numéro un de la sécurité privée en France, le trio de tête a récemment été modifié suite au rachat des activités de sécurité de Prosegur France par Fiducial Sécurité. Verisure domine pour sa part le segment de la télésurveillance qui se caractérise par la forte présence d’acteurs financiers (Crédit Mutuel, Crédit Agricole, Groupama…). Les groupes de facility management sont également très présents dans le secteur à l’image d’Onet ou encore Samsic. Il est vrai que la sécurité s’inscrit dans la continuité de leur offre multiservices (propreté, accueil, gestion des espaces verts…) adressée aux entreprises. Sans oublier les acteurs de la domotique comme Hager ou Somfy. De façon générale, l’intensité concurrentielle est élevée sur ce marché mature. Les sources de différenciation sont donc limitées et la majeure partie de l’offre est interchangeable. Par ailleurs, les sociétés de sécurité sont soumises à de fortes pressions de leurs clients. Et les hausses tarifaires devraient encore rester limitées ces prochains mois en raison de la fragilisation des donneurs d’ordres par la crise alors que les prix n’ont pratiquement pas bougé depuis 2015. La nécessité de proposer une offre plus large et diversifiée va dès lors accélérer la consolidation déjà à l’œuvre depuis plusieurs années.

Le digital constitue-t-il un bon moyen pour se démarquer de la concurrence ?

L’essor du digital et les progrès technologiques permettent en effet aux spécialistes de la sécurité privée et de la télésurveillance d’enrichir leurs offres et de proposer des solutions combinant physique et numérique. Il peut s’agir d’outils tels que les alarmes préventives et connectées, les caméras IP/HD, les capteurs thermiques ou encore les drones et les robots. Les drones anti-drones, les drones filets et les brouilleurs de fréquence radio sont ainsi susceptibles d’intéresser les sites sensibles, les prisons et aussi les centrales nucléaires. Il s’agirait alors d’une niche. Parmi les autres axes de développement privilégiés, citons l’expansion géographique, sachant que le maillage territorial et le déploiement à l’international sont l’apanage des leaders du secteur. Sans oublier bien sûr l’enrichissement des expertises sur le cœur de métier et sur des activités connexes par le biais d’opérations de croissance externe. L’objectif est alors de proposer des offres les plus larges possibles et des solutions clés en main et sur-mesure. Au final, le digital et la montée en gamme sont deux axes majeurs de la stratégie des prestataires privés pour redresser des marges faibles (en particulier dans la sécurité privée) et inverser le rapport de forces avec leurs clients.

Notre étude complète pour aller loin

Le marché de la sécurité privée à l'horizon 2024

Préparation des JO, pénurie de main-d’œuvre et inflation des salaires : quelles stratégies de croissance pour quelle évolution des marges ?

307 pages
FR
2 200 €HT
Alexandre Boulègue

Alexandre Boulègue

Directeur des Opérations

Directeur du bureau d’études, Alexandre Boulegue pilote depuis plus de quinze ans la production économique et sectorielle du groupe.

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