La digitalisation du marché des pompes funèbres en France est en marche. Des start-up tentent de s'implanter en proposant des services innovants pour pallier les contraintes d'éloignement et répondre aux nouvelles attentes des clients. Bien qu'Internet facilite l'organisation d’obsèques, la réglementation impose la présence d'un établissement physique pour accueillir les familles, limitant ainsi la portée des jeunes entreprises. De surcroît, malgré la promesse de tarifs compétitifs, la sensibilité au prix demeure faible, les familles privilégiant avant tout l'accompagnement humain et la réactivité.
Longtemps figés, les comportements d’achats pour l’organisation des funérailles évoluent. Les parcours clients se modifient et les interactions avec les seules agences se réduisent. Si les services funéraires ne peuvent par essence être complètement dématérialisés, Internet entre toutefois dans les usages, notamment en raison de l’éclatement des familles. Aujourd’hui plus que jamais, les personnes en charge de l’organisation des obsèques ne sont pas toujours physiquement présentes et le numérique offre de nouvelles possibilités pour faciliter les démarches funéraires tout en surmontant la contrainte de la distance.
Surfant sur l’évolution des usages et la démocratisation d’Internet auprès des seniors, les start-up investissent peu à peu le secteur funéraire. Elles se positionnent principalement sur les services connexes comme l’entretien des sépultures, le traitement de la vie numérique des défunts, la création de services d’hommage, etc. Dans certains cas, leur offre leur permet de travailler pour le compte d’entreprises de pompes funèbres traditionnelles. C’est notamment le cas de la jeune pousse En Sa Mémoire qui s’occupe de l’entretien d’une partie des sépultures de Funéplus et de Caton ou de PimpMyCoffin qui collabore depuis septembre 2023 avec Funéplus pour personnaliser les cercueils grâce à du covering. Dans d’autres cas, elles concurrencent les opérateurs funéraires sur une activité en particulier (vente d’articles funéraires, de cercueils, de pierres tombales, etc.), voire sur l’organisation d’obsèques en tant que telle.
Un secteur contraint par la réglementation et les attentes des familles
Pour autant, et malgré la publication d’enquêtes faisant état d’un certain intérêt pour les obsèques en ligne, les start-up du secteur des pompes funèbres ne semblent pas en mesure de devenir des acteurs de premier plan du marché funéraire et encore moins de le disrupter à terme. Il faut dire qu’elles sont rarement positionnées sur le cœur de métier des entreprises funéraires dans la mesure où la loi impose un établissement physique pour accueillir les familles. Elles attaquent donc plutôt le marché avec un angle BtoB en proposant des services additionnels aux sociétés de pompes funèbres et à d’autres professionnels tels que les assureurs, les banques, les mutuelles, voire les notaires pour figurer dans leurs offres.
La promesse de tarifs attractifs ensuite, largement mise en avant par les jeunes pousses, peine par ailleurs à séduire alors que la demande de services funéraires se caractérise par une faible élasticité-prix. Le plus souvent, les familles endeuillées cherchent surtout à privilégier l’accompagnement et la réactivité au moment d’organiser des obsèques, et relèguent les questions tarifaires au second plan. D’autant plus avec la montée en charge des contrats d’assurance obsèques, laquelle solvabilise la demande ou diminue au moins en partie le reste à charge des familles.














