La mise en place du portefeuille d’identité numérique européen, impulsée par eIDAS 2.0 et la nouvelle carte nationale d’identité électronique, marque une étape clé dans la construction d’une identité numérique souveraine. Ce dispositif redéfinit l’accès aux services publics et privés, tout en renforçant la sécurité des données personnelles et la maîtrise par l’usager. L’essor de solutions technologiques européennes structure un nouvel écosystème, catalyseur de confiance, d’interopérabilité et de compétitivité face aux acteurs internationaux.
La France n’est pas en reste dans cette transformation. Depuis 2021, l’État a lancé la nouvelle carte nationale d’identité électronique (CNIe), au format carte bancaire. Elle intègre une puce électronique contenant des données biométriques et un certificat d’authentification, rendant possible l’identification en ligne. Grâce à la technologie NFC, elle peut être lue sans contact via un smartphone compatible, notamment pour des usages comme la signature électronique ou l’accès sécurisé à des services publics.
Cette carte constitue la clé d’accès à France Identité, une application officielle proposée par l’État. Celle-ci permet d’utiliser la CNIe pour prouver son identité à distance, signer des documents numériques, ou s’authentifier de manière forte auprès d’organismes publics ou privés. Avec ce dispositif, la France pose les bases d’une identité numérique souveraine et certifiée, compatible avec les ambitions européennes.
eIDAS 2.0 : un portefeuille d’identité pour tous les citoyens européens
Adopté en 2014, le règlement eIDAS (electronic IDentification, Authentication and trust Services) a posé les fondations d’un cadre juridique européen pour l’identification électronique. Mais son adoption est restée inégale entre États membres et son usage reste limité côté citoyen. Face à cette situation, Bruxelles a lancé en 2021 sa révision (eIDAS 2.0) qui entrera en application en 2026. Ce texte prévoit la généralisation d’un portefeuille européen d’identité numérique (European Digital Identity Wallet - EDIW), une application mobile dans laquelle chaque citoyen pourra stocker, partager et utiliser des informations personnelles vérifiables (pièce d’identité, diplôme, carte vitale, permis de conduire, justificatif de domicile, moyens de paiement, etc.).
Ce portefeuille offrira une authentification forte, une signature électronique qualifiée et une maîtrise totale des données personnelles partagées. Chaque État membre devra proposer au moins un wallet reconnu au niveau européen, interopérable et conforme à des normes élevées de sécurité, confidentialité et accessibilité.
Un écosystème qui se structure
L’émergence du portefeuille européen d’identité numérique dynamise l’innovation autour des solutions wallet, conçues et déployées par un écosystème d’acteurs publics et privés européens. Ces initiatives visent à garantir l’interopérabilité, la conformité réglementaire et la sécurité des usages, tout en renforçant la souveraineté technologique face à la concurrence internationale.
Parmi eux :
- Thales, avec son Digital ID Wallet, permet déjà de stocker sur smartphone des documents officiels comme la CNI, le permis ou la carte de santé ;
- Idemia développe des solutions Mobile ID sécurisées, intégrant cryptographie, infrastructure de gestion de certificats (PKI) et API d’authentification ;
- Namirial, participe au consortium européen POTENTIAL via sa filiale française et a lancé sa plateforme wallet en 2025 ;
- iDAKTO propose un portefeuille conforme aux standards eIDAS 2, permettant un stockage local des attestations ;
- IN Groupe a édité une application mobile sécurisée baptisée IN Wallet ;
- Eviden (ex-Atos) ou encore Archipels (consortium entre la CDC, La Poste, EDF et Engie notamment) œuvrent également à développer des solutions interopérables conformes à eIDAS 2.0.
Un nouveau rapport à l’identité numérique se dessine
Le portefeuille d’identité numérique promet une identification numérique de confiance, maîtrisée par le citoyen et adossée à des standards européens de sécurité. Cette transformation ne sera pas que technologique. Elle nécessite un effort de pédagogie et d’appropriation par les citoyens, ainsi qu’une coordination étroite entre les administrations, les entreprises et les prestataires techniques. Alors que l’entrée en vigueur d’eIDAS 2.0 approche, les États membres sont face à un double défi : accélérer le développement de solutions nationales compatibles et mobiliser les usagers pour en favoriser l’adoption.














