Une quaranaine de start-up du new space en France
Elon Musk, Jeff Bezos ou encore Richard Branson, respectivement à la tête de SpaceX, Blue Origin et Virgin Galactic, n’ont pas encore marché sur la lune. Mais dire que ces hommes d’affaires anglo-saxons tentent de révolutionner l’industrie spatiale est un euphémisme. Emblématiques du New Space, ces trois entrepreneurs ambitionnent en effet de démocratiser l’accès à l’espace en ouvrant l’industrie spatiale au privé, bousculant au passage le cercle très fermé d’une poignée de grands industriels et acteurs publics. Pour rendre l’espace accessible et donc réduire les coûts, la recette consiste à modifier radicalement les procédés de conception et production, ouvrant la voie à de nouveaux produits comme les lanceurs réutilisables et les constellations de satellites en orbite basse. Les acteurs historiques ont alors adapté leur offre tandis que la filière française peut désormais s’enorgueillir d’un écosystème d’une quarantaine de start-up, selon le recensement de Xerfi. L'industrie spatiale tricolore peut aussi s’enorgueillir de fleurons historiques. Détenu par Safran et Airbus, ArianeGroup est ainsi l’unique fabricant européen de lanceurs spatiaux moyens et lourds. Il est aussi le seul opérateur européen de lancements (Ariane et Vega via Arianespace). Le pays compte également plusieurs fabricants historiques de satellites. Airbus Defence & Space et Thales Alenia Space figurent ainsi parmi les leaders mondiaux du marché. Spécialistes des grands satellites, ils se sont diversifiés avec succès dans les constellations, un domaine dans lequel s’active aussi Hemeria. L’Hexagone abrite aussi deux grands exploitants de satellites avec Eutelsat, troisième opérateur mondial de satellites pour les télécommunications, et CLS, qui fournit des solutions d’observation et de surveillance de la terre.
La guerre de l’espace ou la chasse aux coûts
La nouvelle ère de l’industrie spatiale se caractérise par une course à la baisse des coûts, à l’instar de la percée réalisée par Space X. De nombreux leviers industriels (production en série, standardisation des pièces…) mais aussi technologiques (réutilisation des lanceurs, nouveaux modes de propulsion…) sont ainsi actionnés pour réduire le coût d’accès à l’espace. Le programme Ariane 6 promet ainsi une nette réduction des prix des lancements grâce entre autres à une nouvelle organisation industrielle et à de nouvelles technologies. De la même façon, la pérennité des start-up du New Space passe effectivement par leur capacité à proposer des produits à moindre coût.
Les coopérations peuvent alors être une solution dans un écosystème plutôt dense. Des partenariats public-privé sont souvent mis en place pour assurer les développements technologiques. C’est souvent une condition indispensable au développement des start-up, en particulier les européennes qui disposent de fonds privés bien plus réduits que leurs concurrents américains.














