Une année 2022 encore bien orientée
L’activité des banques françaises restera bien orientée en 2022 (hausse du PNB de 2,5% d’après nos prévisions). Mais, clairement, la dynamique s’essoufflera face à un environnement plus difficile. En cause, la pression inflationniste qui impactera la structure de coût des banques. En cause aussi, son corollaire, le resserrement monétaire et la hausse des taux d’intérêt. La BCE a relevé ses taux directeurs de 50 points de base en juillet. Une bonne nouvelle, certes, pour détendre un peu des marges d’intérêt sous pression depuis plusieurs années. En contrepartie, les volumes de crédits accordés pourraient s’essouffler et le coût du financement grimpera. Plus globalement, l’incertitude croissante sur les perspectives économiques en France et en Europe sur fond de conflit en Ukraine, pénalisera certains métiers, notamment ceux liés à l’épargne (en raison du possible retournement des marchés) et ceux liés au crédit (la consommation (+2,5%) et l’investissement (+1,4%) en France ralentiront nettement).
D’importants facteurs de vulnérabilité pour 2023
Le scénario pour 2023 s’assombrit. Les pressions inflationnistes resteront fortes, et, face à un pouvoir d’achat malmené, les ménages seront en mode défensif. L’investissement des entreprises faiblira lui aussi face à l’affaissement des débouchés internationaux et au coup de frein de la consommation. Selon nos prévisions, le PNB des banques françaises progressera de 1,5%. Et les risques de récession ne manquent pas : contagion des désordres politiques, radicalisation des embargos, aggravation des pénuries, craquement financier incontrôlé… Ce contexte conduira les banques à rester vigilantes sur leurs expositions, d’autant que les agents économiques présentent un haut niveau d’endettement. Le risque d’une correction brutale des marchés (effondrement des prix des actifs) et d’une brusque dégradation des solvabilités publiques et privées liée au renchérissement de la dette n’est pas à exclure.















