Retour à la réalité en 2022 après l’euphorie post-crise sanitaire
Après le pic 2021, la situation va progressivement se normaliser pour l’industrie papetière française. Certes, en amont, les volumes livrés étaient encore en hausse en début d’année (+2,7% selon la Copacel à fin mai 2022) mais c’est en grande partie lié à des pénuries mondiales (notamment en provenance d’Europe du Nord). Certains commerçants ou clients industriels ont constitué des stocks dopant la production hexagonale de papier. Au fur et à mesure de l’année, l’effet de comparaison sera défavorable. En aval, en dehors de l’emballage avec un boom des sacs papier, les tonnages écoulés perdront de leur vigueur, notamment dans les papiers d’hygiène et bon nombre de segments (papiers graphiques, livres, presse) seront mal orientés. Les hausses inédites des coûts de l’énergie et des matières premières (pâte à papier, matières destinées au recyclage, etc.) ont aussi mis sous tension les papeteries tricolores, se matérialisant par un allongement des délais de livraison.
Petit recul de la production attendu en 2023
Nous tablons à nouveau sur une légère baisse de la production papetière et cartonnière française en 2023. La faute à des freins structurels bien connus, comme la baisse de la lecture papier, les restrictions autour de la prospection papier ou encore la réduction du suremballage. Avec la numérisation des documents administratifs (à partir du 1er janvier 2023, toutes les entreprises devront accepter des factures électroniques, et progressivement les émettre sous forme électronique entre 2023 et 2025) et le développement du télétravail, la consommation d’imprimés de bureau va durablement être affectée. Les besoins en emballages (notamment sur le marché du colis pour la vente en ligne et sur le segment de la sacherie en grandes surfaces) demeureront toutefois solides, de quoi éviter un décrochage de la filière tricolore.















