Le marché de l’autopartage poursuit sa forte croissance, soutenu par la baisse du taux d’équipement des ménages urbains en véhicules et l’essor de la mobilité à l’usage. La preuve ? Le déploiement toujours important de nouveaux services d’autopartage à l’instar de Bolt, implanté fin 2022 à Lyon avec son service Bolt Drive (240 véhicules à son lancement), ou encore de Drivalia qui a lancé, également à Lyon, son offre d’autopartage 100% électrique E+Share Drivalia. Malgré cet engouement, la rentabilité reste un défi majeur pour le secteur. De nombreux acteurs sont en effet confrontés à des frais fixes importants et à la nécessité d'atteindre une taille critique. Pour surmonter ces obstacles, la consolidation du marché de l’autopartage, avec des rachats et fusions stratégiques, semble être la réponse privilégiée.
Le modèle de l’autopartage (en boucle ou en free-floating) repose sur des frais fixes importants liés à l’amortissement des véhicules, aux redevances pour les emplacements ou encore aux assurances. Atteindre le seuil de rentabilité nécessite donc de disposer d’une taille critique suffisante, en termes de base d’abonnés et de rotation des véhicules pour amortir ces frais. Une équation complexe à laquelle se heurte de nombreux acteurs. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Leo&Go, par exemple, a renoncé début 2024 à son implantation de Dardilly, dans la banlieue lyonnaise, faute d’un public suffisamment large.
Au-delà d’un effet taille insuffisant, les difficultés à lever de nouveaux fonds, la dégradation « ingérable » des véhicules ou encore la rentabilité insuffisante ont entraîné la disparition de bon nombre d’opérateurs de l’autopartage : Zity (Renault) à Paris, Totem Mobi à Marseille, les services Autolib’ et Bluely du groupe Bolloré, à Paris et à Lyon, ou encore le service de free-floating Shaary à Nice, Strasbourg et Marseille.
Un mouvement de consolidation à l’œuvre dans l’autopartage et le car sharing
L’importance des économies d’échelle et le retrait d’un certain nombre d’acteurs de l’autopartage participent à un mouvement de consolidation sur ce marché émergent. Le rachat de concurrents est devenue monnaie courante pour acquérir une base d’abonnés déjà établis, voire pour mettre la main sur le parc de véhicules existant. Pour l’heure, deux spécialistes américains ont animé les fusions-acquisitions sur le marché de l’autopartage, à savoir Getaround et Turo, qui ont respectivement racheté Drivy en 2019 et la plateforme OuiCar en 2022. Mais certains constructeurs automobiles contribuent également à cette course à la taille, à l’image de Free2move (Stellantis), qui a repris en 2022 le service Share Now développé conjointement par BMW et Mercedes quelques années auparavant. Cette tendance à la consolidation s’observe également dans l’autopartage de scooters. Placée en redressement fin 2023, Cityscoot est finalement tombée dans l’escarcelle de son concurrent Cooltra.














