Comme le secteur bancaire, celui de l’assurance bénéficiera bientôt d’une réglementation spécifique sur l’ouverture des données à des tiers. Baptisé Financial Data Acess (FIDA), le projet de règlement européen doit passer la phase de trilogue d’ici fin 2024. Avec la montée en puissance des API (Application Programming Interface), ce projet d’open finance favorisera un développement plus poussé de l’open assurance, et en particulier la diffusion de logiques de « plateformisation » organisées autour de deux grands modèles.
Dans les deux cas, il s’agit de proposer des bouquets de produits/services autour d’univers de besoins accessibles via un point d’entrée unique. Dans le premier modèle, les assureurs jouent les animateurs de plateformes qu’ils ont créées. Des premières expérimentations ont déjà été lancées autour d’univers de besoins dans la retraite, la santé ou encore du voyage pour proposer des produits et services maison mais également de prestataires tiers. Ce modèle permet aux assureurs d’apporter une réponse globale à un besoin et les place dans une logique servicielle au-delà de la seule vente du produit d’assurance. Sous réserve qu’ils adaptent leur système informatique, cette logique de plateformisation devrait s’accélérer.
L’assurance embarquée ou comment devenir un partenaire incontournable
Le second modèle place l’assureur dans le rôle de fournisseur de produits/services, voire de solutions technologiques clés en mains, à des acteurs tiers et à leur plateforme. Cette logique de simple producteur pour des distributeurs tiers embrasse également le concept d’assurance embarquée. S’il n’est pas nouveau, ce phénomène va prendre de l’ampleur grâce à un accès simplifié aux données clients et à la montée en puissance des API. L’assurance embarquée permet en effet d’intégrer directement l’assurance dans le parcours d’achat de biens ou de services auxquels elle est rattachée. Synonyme de nouvelles concurrences, ce concept peut aussi être source d’opportunités pour les assureurs qui se donneront les moyens de jouer les partenaires incontournables de ces nouveaux distributeurs.
Ce projet de FIDA de la Commission européenne suscite l’enthousiasme des assurtech, comme Alan, ou d’acteurs traditionnels ayant pris le virage des API. Il laisse en revanche sceptiques plusieurs opérateurs du secteur. Et ces derniers d’invoquer le risque d’une remise en cause du principe de mutualisation de l’assurance mais aussi celui d’ouvrir le marché aux GAFAM et autres acteurs technologiques. Une menace pour l’instant écartée. En l’état actuel du texte, les plateformes Apple, Meta, Amazon et Microsoft ne pourront pas prétendre au statut de services d’informations financières.














