Le marché français de la location de courte durée de véhicules légers (LCD) représentait 3 Md€ en 2019, 20 millions de locations par an et près de 8 millions de locataires. Il se compose de deux principaux segments : la location dite de « trajet » à proximité de gares ou d’aéroports et la location de « proximité » pour des besoins ponctuels de courte durée tels que les déménagements. Quant aux services d’autopartage, s'ils sont en pleine expansion, ils restent encore des marchés de niche en comparaison de la LCD classique.
Les leaders du secteur se répartissent en trois grandes catégories : les opérateurs dits « historiques (Europcar, Hertz, Avis Budget Group, etc.), qui ont une envergure internationale et captent l’essentiel de la clientèle professionnelle et du segment du tourisme, les acteurs nationaux et locaux (Rent A Car, Ucar, Ada, etc.) qui sont spécialisés sur le segment de la proximité et proposent des prestations à moindre coût et les « non spécialistes » (constructeurs automobiles, enseignes de grande distribution, etc.).

Un tissu économique en croissance
Le tissu économique de la location courte durée s’est étoffé au cours des dernières années. Entre 2010 et 2020, le nombre d’établissements recensés a en effet augmenté de près de 20%. Cette progression est liée à la densification du maillage territorial des grands réseaux, qui ont multiplié les ouvertures d’agences en s’appuyant notamment sur des franchisés. Elle est également liée au développement de l’autopartage qui a favorisé l’émergence de nouveaux entrants. Les effectifs, en revanche, ont évolué de manière plus erratique et plus limitée (+0,9% par an entre 2010 et 2019) surtout en raison des efforts de digitalisation engagés par la profession pour refondre les parcours clients et améliorer leurs offres, avec à la clé une baisse des besoins en personnel dans les agences. Les effectifs ont par ailleurs été une importante variable d’ajustement en 2020 (-10%) face à une demande en berne en raison de la crise sanitaire.
Une activité fortement concentrée
En France, le secteur de la location courte durée de véhicules est dominé par une poignée de leaders d’envergure internationale. Si les structures de moins de 10 salariés comptent pour 85% des entreprises du secteur, elles ne représentent qu’à peine plus de 10% du chiffre d’affaires sectoriel. À l’inverse, les 4 premiers groupes (Hertz, Sixt, Europcar et Avis) ont réalisé à eux seuls plus de 30% du chiffre d’affaires du panel Xerfi en 2020. Au-delà d’une forte notoriété, ces enseignes capitalisent sur des atouts de taille par rapport aux loueurs indépendants (emplacements et prix attractifs, parc de véhicules très important, etc.). Leur positionnement essentiellement tourné vers la location de trajet laisse toutefois de la place à de nombreux acteurs de plus petite taille positionnés sur la location de proximité avec des implantations en centre-ville.
Une activité tournée vers les zones touristiques
Malgré le développement du maillage territorial entrepris par les loueurs de courte durée, l’activité reste globalement centrée sur les principales régions touristiques de l’Hexagone. Les régions Île-de-France, PACA et Auvergne-Rhône-Alpes accueillaient, de fait, 44% des établissements et 52% des effectifs salariés du secteur en 2020.
Première destination touristique d’Europe, la France pèse près de 30% du marché européen de la location courte durée, devant ses voisins (Allemagne, Espagne, Italie et Royaume-Uni). À noter que l’Allemagne tire son épingle du jeu grâce au dynamisme de son marché des voyages d’affaires, segment sur lequel la France est nettement plus en retrait.














