L'émergence rapide des néo-acteurs dans le secteur des services de gestion pour professionnels a bouleversé les paradigmes traditionnels. Ces acteurs ont su répondre aux besoins des entrepreneurs en allégeant leurs tâches administratives. Toutefois, malgré une croissance impressionnante des levées de fonds jusqu'en 2022, le contexte économique actuel, marqué par des taux d'intérêt en hausse et une prudence accrue des investisseurs, pose de sérieux défis.
Ces dernières années, de nombreux néo-acteurs tels que Qonto, Shine, Pennylane ou encore LegalPlace ont fait leur apparition dans les services de gestion pour les professionnels. Services bancaires, comptables, financiers ou juridiques de base, leur promesse de valeur repose sur la gestion des tâches jugées chronophages et non stratégiques par les entrepreneurs. Ces opérateurs ont ainsi misé sur des offres à forte dimension technologique pour rapidement gagner du terrain.
Les fonds levés par les néobanques, fintech, legaltech et plateformes de gestion financière ont nettement progressé entre 2016 et 2022, en partie à la suite d’opérations hors normes tirant vers le haut la valeur du ticket moyen, à l’instar du tour de table de 486 M€ sécurisé par Qonto en janvier 2022. Cette augmentation a découlé d’une dynamique propre aux néo-acteurs, certains d’entre eux ayant cherché à se donner les moyens d’accélérer leur développement. Elle a été facilitée par une politique monétaire de la BCE très accommodante jusqu’à mi 2022.
Comptatech : un havre dans la tempête financière des néo-acteurs
Mais les néo-acteurs des services de gestion peinent davantage à accéder à des financements depuis un an dans un contexte de remontée des taux d’intérêt et de coup de frein du private equity. Le capital-risque se montre aujourd’hui nettement plus regardant dans ses prises de participation qu’avant la guerre en Ukraine et le choc inflationniste. Certes, les investisseurs ne se détournent pas complètement des néo-acteurs. Les éditeurs de logiciels évoluant dans la sphère de la comptatech représentent notamment une valeur refuge eu égard aux fondamentaux du marché et à leur modèle économique basé sur des revenus récurrents. Des levées de fonds sont encore observables. Mais ces opérations se font toutefois plus rares et les montants moins élevés. Un vrai défi pour les néo-acteurs, qui restent souvent financièrement fragiles, voire non rentables.















