Robinetterie industrielle : le secteur en un clin d'oeil
Les fabricants de robinets à usage industriel se positionnent comme des fournisseurs de référence pour tous les opérateurs qui utilisent des systèmes de transferts de fluides. Les principaux débouchés du secteur sont l’industrie (chimie, agroalimentaire, etc.), l’énergie (en particulier le nucléaire, le pétrole et le gaz) et le traitement de l’eau. Pour faire face à la montée en puissance de la concurrence étrangère, les fabricants français se sont progressivement tournés vers des segments à forte valeur ajoutée. Saint-Gobain domine le secteur via sa filiale Saint-Gobain PAM et se positionne comme le leader français de la robinetterie pour le cycle de l’eau et le bâtiment. Les autres grands acteurs sont majoritairement des opérateurs adossés à des groupes américains ou allemands comme Schlumberger, Emerson, Parker Hannifin ou encore KSB, pour la plupart positionnés sur les secteurs de l’industrie ou de l’énergie.

La France sur le podium européen
Avec près de 800 M€ de facturations en 2020 (hors pièces détachées), l’Hexagone se place dans le trio de tête des fabricants européens de robinetteries industrielles, loin derrière ses voisins allemands et italiens, qui dominent largement l’industrie. La production française est diversifiée, et le pays arrive en seconde position pour ce qui est des robinets et vannes à passage direct en acier (21,2% de la production européenne) ou encore des soupapes de trop-plein ou de sûreté (18,7%).
Un tissu économique qui s'érode
Le tissu industriel de la fabrication de robinetteries (y.c. sanitaires) s’est largement dégradé sur la décennie. De 214 en 2010, le nombre d’établissements intervenant dans le secteur est descendu à 147 en 2020, soit une contraction de plus de 30%. Une situation qui s’explique surtout par la perte de compétitivité des usines tricolores sur le marché domestique, mais aussi à l’international, où est réalisée près de la moitié de l’activité. Les industriels ont notamment fait les frais de la percée sur leurs marchés clients de produits en provenance de pays à bas coûts de production, comme la Chine. La crise de 2009 a en outre laissé des traces. Plusieurs leaders du secteur, à l’image de Saint-Gobain PAM ou de Cameron France, ont ainsi lancé de vastes plans de restructuration, ce qui a pesé sur l’emploi. En 2020, 9 617 salariés travaillaient dans le secteur contre 12 901 en 2010 (-25%).
Une activité concentrée entre les mains de grands groupes étrangers
La fabrication de robinetteries industrielles se caractérise par un taux de concentration élevé. Les 4 premiers groupes se sont en effet partagés 48% de l’activité du panel Xerfi en 2019. Il s’agit essentiellement de grands acteurs étrangers. Présents dans l’Hexagone via une ou plusieurs filiales, ils exportent la majorité de leur production. Ces opérateurs disposent d’une force de frappe leur permettant de réaliser d’importantes économies d’échelles. Toutefois, bien qu’elles ne comptent que pour une faible part du CA, les TPE-PME n’en restent pas moins majoritaires (56% des entreprises du panel emploient moins de 50 salariés) numériquement.
La balance commerciale ne cesse de se dégrader
Résultat de la perte de compétitivité des usines françaises à l’export et de la montée en puissance de la concurrence étrangère sur le sol français, les importations ont grimpé plus vite que les exportations ces dernières années. Encore excédentaire en 2020, la balance commerciale est ainsi passée en territoire négatif en 2021 (-19,3 M€). Le plus gros du déficit concerne les clapets et soupapes (-12 M€) ainsi que les vannes de régulation (-11,8 M€).














