Quel est l’impact de la crise sur les groupes de protection sociale ?
Au chevet de leurs adhérents en phase de confinement, les groupes de protection sociale n’en sont pas moins affectés par la crise liée à la Covid-19. Au-delà de leur contribution exceptionnelle au redressement des comptes de l’Assurance maladie, plusieurs forces majeures jouent en leur défaveur : la dégradation du marché du travail et la baisse des cotisations en collectif sur fond de taux d’intérêt durablement bas. Par conséquent, les exercices 2020 et 2021 seront très détériorés et un pilotage fin des activités sera nécessaire pour préserver des équilibres techniques sous pression. Les groupes de protection sociale seront alors contraints d’opter pour des stratégies de redressement des résultats, privilégiant un pilotage maîtrisé des souscriptions au détriment des volumes.
Comment est amené à évoluer le contexte concurrentiel dans la filière ?
La capacité d’adaptation des groupes de protection sociale sera mise à rude épreuve face aux ambitions de nouveaux profils d’acteurs dans l’assurance santé et la prévoyance complémentaire. Rappelons que les groupes paritaires évoluent sur des marchés assurantiels structurellement porteurs car, entre le vieillissement de la population et l’accroissement des dépenses de santé, les besoins de couverture et de solutions sont en progression régulière. Revers de la médaille, ces marchés suscitent les convoitises des assureurs, des groupes mutualistes ou encore des bancassureurs. Les inflexions réglementaires passées et à venir participent également à l’accélération de la concurrence. À commencer par l’accord national interprofessionnel et la fin des clauses de désignation. En réponse à cela, un mouvement de consolidation entre groupes de protection sociale s’est mis en place depuis 15-20 ans, un mouvement accéléré par l’entrée en vigueur de la directive Solvabilité 2. Mais les rapprochements potentiels entre paritaires atteignent désormais leurs limites. Malakoff Médéric et Humanis se sont rapprochés en janvier 2019, puis ce fut au tour de AG2R La Mondiale et de Matmut avant de divorcer après seulement cinq mois d’union.
Quels sont les axes de développement privilégiés par les groupes de protection sociale?
Si les grandes familles d’assurance multiplient les offensives sur les marchés de la santé et de la prévoyance complémentaires, certains groupes de protection sociale ont commencé la riposte en se positionnant sur un spectre plus large de l’assurance de personnes. Des acteurs qui visent la création d’offres globales pour des clients ciblés (salariés, retraités, chefs d’entreprises, travailleurs indépendants) afin d’améliorer la satisfaction du client et le fidéliser. Les acteurs du monde paritaire vont aussi devoir améliorer le service client en misant sur une plus grande digitalisation et une accélération de leurs stratégies omnicanales.
Finalement, les stratégies de croissance et de consolidation mettent désormais au jour une polarisation du monde paritaire. D’un côté, les défenseurs de la course à la taille motivés par la volonté de mieux multiéquiper leurs clients en s’appuyant sur une offre globale. De l’autre côté, les tenants de l’indépendance guidés par l’impératif de proximité et cherchant à capitaliser sur l’approche affinitaire avec leurs adhérents.













